Le procès de Dax
Vous avez sans doute eu des échos du procès d’un faucheur (Jon Palais), le lundi 9 janvier à Dax. Une grosse partie de la population n’a pas entendu parler des fauchages de chaises qui ont débuté en 2015, du fait que les banques n’ont pas porté plainte et que les média en ont très peu parlé. Ce procès permet donc de faire émerger ces actions qui s’opposent à la fraude fiscale. Et cela d’autant plus que c’est une victoire complète. La relaxe entérine le côté légitime des fauchages de chaises, et le côté illégitime de l’évasion fiscale.
À l’origine de ces actions se trouve la lutte pour le climat. Mais quel est le lien avec les fauchages de chaises ? L’évasion fiscale facilitée par les banques appauvrit les États qui peinent à financer la transition écologique et sociale (le Fond Vert : 100 milliards $ / an de prévu). D’où les fauchages de chaises dans les banques les plus complices.
Pour avoir une compréhension des motivations et de l’historique des faucheurs de chaises, voyez les courtes vidéo suivantes : -1
Pour connaître le 5ème épisode, celui du procès de Dax : -2
Et le rendu de jugement : -3

Quel est le problème, comment le traiter ?
Toute cette effervescence peut paraître excessive . Pour comprendre, il faut remonter à la raison première. Tout est parti des militants de “Bizi !” (ce qui se prononce “bissi” et qui veut dire “Vivre !”, en euskara, c’est à dire en langue basque), association basque qui milite contre le dérèglement climatique, avec l’instauration d’une justice sociale. Ils ont parfaitement pris conscience de l’urgence qu’il y a à changer de cap pour s’adapter aux limites de la planète. C’est ce qui les a amenés à lancer un appel à créer plein d’Alternatiba (Village des alternatives) à l’automne 2013, en anticipation de la COP 21, et à participer à la création d’ANV COP 21 (Action Non Violente COP 21), à l’automne 2015. Tout cela a été fait pour créer des leviers capables de réorienter l’avenir.
Malheureusement ce changement de cap n’est toujours pas amorcé par les dirigeants, sous l’influence des multinationales des énergies fossiles, des banques et des groupes financiers… De fait le “top-down” ne peut pas répondre à l’urgence de la situation (en 2009, on a vu l’attitude des dirigeants à la conférence de Copenhague). Il reste la solution du “bottom-up”, pour garder un espoir de limiter à terme les conséquences. Il faut donc arriver à faire prendre conscience très rapidement au plus grand nombre de gens possible, qu’il faut changer le système et non pas le climat, et cela malgré la non participation des média qui minimisent le problème ; d’où l’utilité d’Alternatiba et d’ANVCOP21.

La stratégie
Proposer des alternatives positives est nécessaire, indispensable, mais le rythme de développement des alternatives est trop lent par rapport au délai dont nous disposons. L’idée est d’y ajouter la désobéissance civile non-violente, de façon complémentaire et coordonnée. C’est sans doute le moyen le plus efficace pour accélérer cette prise de conscience de masse -4.
Il faut arriver à développer un mouvement d’action de masse non-violent destiné à atténuer le changement climatique, dans l’esprit de Gandhi et de Martin Luther King. Le mouvement se doit d’être radicalement non-violent pour permettre à quiconque de s’identifier à cette lutte -5.  Et chacun peut y trouver sa place, dans des actions faiblement ou fortement désobéissantes -6.
Il s’agit d’arriver à créer un mouvement de masse pour infléchir rapidement les politiques nationales et internationales. En effet il ne suffit pas qu’un pays devienne vertueux tout seul. Il faut que ce mouvement se développe au niveau de la Planète.
Actuellement il est en phase de démarrage en France. Mais il y a des pays qui sont plus en avance que nous. D’autre part ce mouvement commence à converger au niveau international. Pour la première fois, début avril 2016, il y a eu des actions coordonnées un peu partout sur la Planète –7. Ces actions sont parvenues à bloquer temporairement des sites parmi les plus polluants (mines de charbon, etc…). Il est nécessaire que les peuples de la Planète agissent ensemble, pour exiger solidairement que tous les dirigeants changent de logiciel : passer du soutien au productivisme et à la compétition, au soutien à la sobriété et à la coopération. Nous assistons, ni plus ni moins, à la naissance de la Génération climat !

Reconsidérer ses doutes
Mais certain.e.s ont une raison majeure pour ne pas soutenir ces actions : le changement climatique n’est peut être pas si grave ni si urgent que ça. Et nous trouverons bien des moyens techniques et scientifiques pour y pallier. En tous cas c’est ce que beaucoup de média laissent entendre. L’explication est simple : ils sont dans le domaine du conflit d’intérêt.
Depuis le 3ème rapport du GIEC, au fil des ans, j’ai essayé de relayer à ma façon tous les signaux d’alerte qui s’allumaient progressivement -8. Il est préférable, je pense, d’écouter directement ce qu’ont à dire les climatologues. En particulier, voyez ce que dit Jean Jouzel , Vice-Président du GIEC (à l’occasion du financement participatif du film Irrintzina) -9.
Jean Jouzel réalise là un travail d’équilibriste : il doit arriver à faire passer la gravité et l’urgence de la situation, sans démoraliser la personne qui découvre le problème. Effectivement il semble bien difficile de s’arrêter à 2° (et 2°, aujourd’hui, les climatologues ont tendance à trouver ça excessif), mais en s’impliquant fortement on pourrait s’arrêter bien avant 2.5°, éviter d’atteindre 3° -10.

Qu’est-ce qu’on attend ?
En 2010, après la conférence de Copenhague, on voyait mal comment enrayer cette dérive du climat. La tentation du fatalisme était possible.
Au contraire aujourd’hui, d’une part nous savons ce qu’il faut faire et d’autre part il existe les moyens pour agir efficacement. Il y a juste besoin que les activistes pour le climat deviennent rapidement plus nombreux, afin d’attirer d’autant plus vite la masse de la population.
Rejoindre cette Génération climat, c’est contribuer à donner un avenir possible à nos enfants et petits enfants -11.
Comme le dit Marie-Monique Robin : qu’est-ce qu’on attend ?

Solidairement

Pascal HUGO

P.S.

La dernière phrase du livre Néandertal, mon frère, Silvana CONDEMI et François SAVATIER, Flammarion :
“Puisse cette croissance ininterrompue et merveilleuse de nos connaissances ne pas nous faire oublier une vérité toute simple dont témoigne notre frère Néandertal à travers le temps : une espèce disparaît quand son habitat disparaît.”

1- https://www.youtube.com/watch?v=hzGYy0SdQM4
https://www.youtube.com/watch?v=SkXHhltfupc&feature=youtu.be
https://www.youtube.com/watch?v=QF0UrmcUawA&feature=youtu.be
https://www.youtube.com/watch?v=diI1ovi8ZfA&feature=youtu.be 2- https://bizimugi.eu/faucheurs-de-chaises-le-proces-de-jon-palais-se-transforme-en-proces-de-la-bnp
https://bizimugi.eu/le-proces-de-levasion-fiscale-en-images

3- https://bizimugi.eu/decision-du-tribunal-dans-le-proces-de-jon-palais-relaxe
https://bizimugi.eu/18737-2

4 – Diversité des tactiques

5- Action de masse

6- https://www.youtube.com/watch?v=KA1xB5QK1lA

7- https://fr.breakfree2016.org/

8- 2003 – STOP, 2006 – Impasse, 2008 – Enfermement, 2009 – Titanic, 2010 – Transition –,2010 b – Heinberg

9- https://vimeo.com/192806702

10- Relation entre…

11- Contact : anv cop21 tours <anvcop21.tours@gmail.com>