Le Jeudi 7 novembre 2014 à l’auberge de jeunesse de Vierzon, 13 personnes se sont réunies afin de réfléchir au développement de la Finance Solidaire, et plus précisément de la finance citoyenne, sur leur territoire.

La discussion a démarrée par un tour de table pour bien cerner les attentes de chacun et quatre sujets ont été mis en avant:

aubergevierzon

  • Comment développer la finance solidaire sur Vierzon ?
  • Comment les association et les autre structures peuvent travailler ensemble ?
  • Comment apprendre à se passer de la monnaie (exemple des SEL), pour avoir un effet bénéfique sur les relations ?
  • Point actualité : peut-on aborder la question du traité transatlantique ?

Un participant précise avant toute chose que la Finance Solidaire, c’est d’abord une question d’humain: qu’il s’agisse d’une petite banque éthique ou d’un mastodonte coté au CAC40. Lorsque l’on s’adresse à une banque pour obtenir un financement, peu importe à qui on s’adresse, les salariés face à nous sont  humains et souhaitent généralement trouver une solution à notre avantage. C’est dans cette optique que nous lançons l’atelier: nous recherchons des solutions qui permettent à l’Humain de prendre sa place et de s’exprimer, et si l’on est amené à formuler une critique, ce sera toujours à une structure au sens de son organisation qu’elle s’adressera. Alain F. , un ancien directeur d’agence du Crédit Agricole, se propose de rebondir sur ce constat pour parler de Finance Solidaire à partir de son experience.

1.De la Finance Solidaire à la finance citoyenne :

D’abord, nous partons donc de l’experience d’un salarié du Crédit Agricole: Alain F. nous explique qu’à l’origine, il s’agit d’une banque solidaire qui permettait à des agriculteurs de prêter leur épargne non-utilisée à des confrères implanté près de chez eux. Il y avait également la possibibilité de faire appel à une caisse nationale lorsque l’épargne locale était insuffisante. C’est donc un esprit de solidarité qui animait à l’origine cette banque aujourd’hui plutôt célèbre pour son implication dans des opérations de shadow-banking et la crise des subprime . . .

Ainsi, lorsque l’on pense qu’en confiant notre argent à une banque, elle va être mise à disposition d’entreprises ou de particuliers sous forme de prêts, on croie en une réalité qui n’a plus cours. Aujourd’hui, la monnaie est créée par les crédits et c’est donc les banques qui détiennent le pourvoir de la création de monnaie. La quasi totalité de la monaie en France et sur terre est donc une dette. Pour mieux comprendre ce constat, nous vous invitons à visionner un documentaire d’animation de Paul Grignon : l’argent dette.

Après avoir abordé succintement la monnaie, nous nous consacrons au traité transatlantique, actualité que souhaite nous faire partager un des participants. Pour vous remettre dans ce contexte, voici comment ce traité est résumé sur wikipedia : “La zone de libre-échange transatlantique est un projet de traité commercial entre l’Union européenne et les États-Unis envisagé pour 2015. Si le projet aboutit, il s’agira de la plus importante zone de libre échange de l’Histoire, couvrant plus de 46 % du PIB mondial et même 51,3 % si elle s’étend également à l’ensemble des membres de l’Aléna et à ceux de l’AELE. Ce projet est parfois présenté comme le premier pas vers l’établissement d’une Union transatlantique réalisant l’unité politique du Monde occidental.  En bref, le traité transatlantique a été résumé par le groupe comme “un traité qui répend la mondialisation et supprime encore un peu plus l’autonomie des états en matière de finance. Plus d’informations sur ce projet d’accords dans cet article du monde diplomatique.

Enfin, nous nous interessons à la Finance Solidaire, que je définis en un mot : la transparence. La finance est ainsi dite solidaire si elle l’utilisation de notre épargne est :

  • Transparente : nous savons comment notre éparge est utilisée
  • Définie par le client : nous décidons de l’utilisation qui est faite de notre épargne
  • Ethique : notre épargne est placée au service de projets “solidaires” (respect de l’Humain, respect de l’environnement et ancrage local)

Notre volonté est donc de remettre l’épargne au service de projets locaux respectueux de l’Humain et de son environnement : les citoyens ont la possibilité deviennent acteurs de leur épargne. Nous parlons alors plutôt de finance citoyenne où chacun devient a le pouvoir d’agir sur le développement économique de son territoire. Pour ce faire, les citoyens peuvent choisir de confier leur épargne à des banques éthiques (telles que la NEF) ou encore développer des outils de finance citoyenne tels que les CIGALES ou les Cagnottes.

2. Les CIGALES et les Cagnottes

A Vierzon, deux outils sont développés : des CIGALES depuis plus de dix ans, et une Cagnotte créée en septembre 2013.

Dans un premier temps c’est Francis VITE qui nous présente la CIGALES Les Epis à Vierzon, dont il est le gérant. Une CIGALES, c’est un Club d’Investisseurs pour une Gestion Alternative et Locale de l’Epargne Solidaire. Concrètement, il s’agit de citoyens qui mettent chaque mois une partie de leur épargne en commun (généralement 20€ en moyenne) et “l’investissent” dans des projets locaux pour une durée maximale de cinq ans. Il s’agit donc ici d’un soutien à des sociétés naissantes ou en développent puisque l’investissement se fait par une prise de participation au capital social de l’entreprise. Ouille ! Ca commence mal : on voulait solidariser la finance et on investit en capital, n’y aurait-il pas une incohérence ? En fait non !

financecitoyenneVierzon

En effet, le but de cet investissement est avant tout d’aider ces entreprise et les gains espérés sont inexistants : aucun dividende n’est demandé, ou alors il s’agit simplement de combler l’inflation pour que les citoyens ne perdent pas de pouvoir d’achat ! Une autre spécificité importante, c’est la relation qui existe entre les membres de la CIGALES et l’entreprise : si elle prend des parts de capital, ce n’est pas pour exercer une quelquonque pression sur la société, mais bien pour lui signifier qu’ils sont dans le même bateau. Ainsi, il se crée une relation de confiance mutuelle et un accompagnement est proposé par les Cigalers (c’est comme ça qu’on appelle les membres d’une CIGALES) en fonction de leurs compétences. Aujourd’hui, les CIGALES successives de Vierzon ont soutenu un grand nombre de projets et leur efficacité n’est donc plus à démontrer, vous pouvez retrouver plus d’informations sur le site de la CIGALES les Epis. En revanche, Francis

VITE constate qu’il est difficle pour eux de trouver des porteurs de projets car peu leur sont orientés (manque de visibilité). Lorsqe des entrepreneurs s’interessent à la CIGALES, il arrive aussi régulièrement que cet outil ne leur conviennent pas: c’est le cas des auto-entrepreneurs et des entreprises individuelles dans lesquelles la CIGALES ne peut prendre des parts mais également des sociétés qui refusent les CIGALES comme associés. Il soulève donc l’intérêt d’un second outil qui apparaît comme complémentaire : la Cagnotte.

Ensuite, c’est donc au tour de Jean-Luc Taugourdeau de nous présenter la Cagnotte solidarité emploi du Cher, qu’il préside depuis sa création en Septembre. Une Cagnotte est une association qui regroupe des citoyens  désireux, là aussi, de développer l’économie locale en accordant des prêts à taux zero. Chaque mois, des citoyens mettent en commun une somme de leur choix en fonction de leurs moyens.  Attention, il s’agit ici de dons, et non de prise de participation comme pour les Cigaliers ! Pour la Cagnotte 18, le montant minimum pour adhérer est de 10 euros par an, afin que chacun puisse participer au financement, à la selection et à l’accompagnement des projets. En effet, une fois collectées, les adhérents de la Cagnotte ne se contente pas d’attendre que la somme soit remboursée, mais ils suivent le projet (pour ceux qui le souhaitent) dans une logique de coopération.

Quel intérêt par rapport à une Cagnotte da

ns ce cas ? D’abord, une fois remboursée par le porteur de projet, l’argent peut ainsi être réinvesti puisqu’il s’agit de dons, et il permet à nouveau le développement d’autres projets. Ensuite, comme il s’agit ici de prêts, l’intérêt principal est de pouvoir en faire profiter tout type de projets (associations, entreprises individuelles, sociétés, . . .).

La Cagnotte est alors bien un outil complémentaire à la CIGALES, accessible à tous, peu importe son degré de compétence en entrepreneuriat ou ses moyens : l’important est de souhaiter s’impliquer ! CIGALES et Cagnottes sont également des espaces d’éducation populaire qui permettent de se former à l’économie en la pratiquant par l’accompagnement d’entreprises en création. Etant toujours minoritaire et donc sans réel pouvoir de décision, les citoyens impliqués dans ces entreprises f

avorisent une relation d’égal à égal dont l’unique objectif est de permettre à l’activité de se développer. A noter également: l’effet levier provoqué par les apports de Cagnottes ou de CIGALES, qui pousse les autres acteurs financiers à soutenir le projet !

Après avoir abordé la question de la finance citoyenne, le groupe souhaite aborder un autre sujet, comment échanger différemment en redonnant à la monnaie sa fonction originnelle: l’échange de biens et services ?

3. Les Systèmes d’Echanges Locaux

 

selLes Systèmes d’Echanges Locaux (SEL) sont des regroupements de personnes (générallement constitués en associations) qui échangent des biens, des services, des compétences ou des savoirs faire entre eux. Un SEL est implanté sur un territoire délimité (une ville, une agglomération,…) et chaque échange est comptabilisé avec un unité propre à chaque SEL. Par exemple à Tours, le SEL de Loire utilise les grains de sel: chaque minute de temps passé à rendre service équivaut à un grain de sel; pour les

échanges de biens, c’est à chacun de décider d’estimer la valeur qu’il accorde à l’objet échangé. Une liste des services, compétences, savoirs faire et biens disponibles est établie par le SEL et diffusée soit en ligne soit en version papier.

Une fois les SEL présentés, le principal atout mis en avant est la création de liens nouveaux entre citoyens et la réintterrogation de la valeur des choses, induite par ce mode de fonctionnement. En revanche, la problématique soulevé par certaines personnes ayant expérimenté le système, c’est le fait que certain en profitent (recoivent des savoirs faire sans en mettre à disposition) tandis que d’autres peuvent se sentir lésés. Toutefois, l’idée est que chacun à son niveau a des compétences à offrir et que c’est un système qui leur permet d’en prendre conscience et de les valoriser. Vous retrouverez plus d’informations sur les SEL sur  le réseau “SEL’idaire“, mais également sur le site du SEL de Bourges.

Les SEL ont semblé éveiller des intérêts parmis l’assemblée malgrés les risques vis à vis desquels il faut rester vigillant : peut-être faudrait-il creuser la possibilité d’un SEL à Vierzon dans un avenir proche. . .

 

4. Les Monnaies Locales et Complémentaires et
5. Nos propositions pour le territoire